Jeunesse Lambda est un organisme qui a du vécu. Voici le portrait de notre organisme dès ses débuts.

L'histoire de Jeunesse Lambda, c'est un peu celle de la communauté LGBTQ+. Né d'une initiative anglophone, Lambda Youth apparaît en 1976 au sein d'une communauté LGBT organisée autour de la langue de Shakespeare et dans l'Ouest de la ville. Une dizaine d'années plus tard, alors que le Village “de l'Est” s'organise autour du français, le groupe devient Jeunesse Lambda Youth. La cohabitation ne fait pas que des heureux. Avec seulement une discussion francophone par mois et un grand nombre de membres unilingues anglais, il faut avouer qu'à plusieurs reprises la langue de Molière a été abandonnée pour faciliter les débats.

Jeunesse Lambda est finalement fondé ! La communauté LGBTQ+ comporte alors un groupe jeunesse pour allosexuel.les dédié aux francophones !

Le cinquième anniversaire de l'organisme vient aussi confirmer ce que les “anciens” savent depuis longtemps. Ils ont dépassé la limite indicative d'âge du groupe depuis déjà quelques années et la relève est là, nombreuse, qui attend pour prendre les rennes de la destinée de leur groupe. D'un commun accord, on fait donc de cet anniversaire une charnière de l'histoire de Jeunesse Lambda. Deux mois de festivités, trois événements majeurs, dont le spectacle de clôture: trois heures intensives de numéros qui attirent plus de 250 membres et ex-membres du groupe.

Les adieux sont faits, il est temps de passer à autre chose. C'est l'époque de la diversification de l'offre communautaire LGBTQ+ et les anciens de Jeunesse Lambda participeront au mouvement. Aux Prismes se créent autour de ceux-ci, qui refusent de perdre le lien qui les unit. On y offrira principalement des activités récréatives et culturelles. Le Groupe d'Intervention Sociale, un comité de Jeunesse Lambda qui exigeait beaucoup d'attention est aussi transformé en organisme autonome: le Groupe de Recherche et d'Intervention Sociale (GRIS). Enfin, Jeunesse Lambda est à l'origine du premier groupe LGBTQ+ durable de l'histoire des cégeps québécois, celui de Maisonneuve. Une initiative qui encore aujourd'hui fait des petits, même s'ils sont parfois très fragiles. Au milieu des années 90, Jeunesse Lambda participe donc activement à la multiplication des groupes communautaires montréalais, ce qui en fait probablement le plus important incubateur de nouveaux groupes de l'histoire de la communauté LGBTQ+!

Aujourd'hui Jeunesse Lambda a participé à la consolidation d'un territoire montréalais propre aux allosexuel.les en s'installant dans le Village, a ensuite aidé à la diversification de l'offre de services à la communauté, ces activités amènent naturellement une conséquence… Le groupe doit revenir à son objectif premier dès la fin des années 90: offrir des services aux jeunes LGBTQ+. Car avec toute la visibilité acquise par les LGBTQ+, il était prévisible que ceux-ci et celles-ci réussiraient à s'accepter de plus en plus tôt. Alors que les plus jeunes du groupe avaient autour de vingt ans en 1990, dix ans plus tard il n'est pas rare de voir des garçons et des filles d'à peine 14 ans se présenter aux discussions du vendredi soir! Jeunesse Lambda est donc, depuis quelques années, en période de redéfinissions de ses services. Car faire une discussion avec des jeunes de 20 ans qui ont caché leur homosexualité jusqu'à cet âge et aujourd'hui tenter la même chose avec des membres de 15 ans qui sont ouvertement LGBTQ+ à l'école, ce n'est pas la même chose! En étant resté un groupe pour et par les jeunes, Jeunesse Lambda a toutefois tous les outils pour continuer à remplir sa mission. Il faut dire que les projets sont nombreux et que le groupe continuera à faire parler de lui encore longtemps. D'autant plus que les nouveaux leaders de la communauté LGBTQ+, ceux et celles qui commencent à faire leurs armes dans un peu tous les milieux, sont pour la très grande majorité des anciens de Jeunesse Lambda. Des contacts qui s'ajouteront à ceux traditionnels de l'organisme: ses “rejetons” et ses partenaires historiques (les Pères Gais, le GDM, le Centre Communautaire et Gai-Écoute). Attention, la relève arrive!